Comment ça marche. Comment s'en servir. Ce que ça change au travail.
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Une chose que vous avez essayé de lui faire faire, et qui n'a pas marché
Mise à niveau
L'IA que vous utilisez déjà
Le correcteur
Il propose un mot que vous n'avez pas écrit.
Le filtre anti-spam
Il trie sans qu'on lui ait donné la liste.
Le GPS
Il recalcule un trajet sur des données de trafic.
La dictée vocale
Elle transforme du son en texte.
Aucun de ces outils ne porte le nom d'intelligence artificielle.
Trois générations
Trois générations de systèmes
Elle classe. Spam ou pas spam. Défaut ou pas défaut. Une réponse parmi deux.
Elle génère. Elle produit du texte, une image, du code. C'est 2022.
Elle agit. Elle est branchée sur des outils et déclenche des opérations. C'est maintenant.
Nous sommes au passage de la deuxième à la troisième génération.
Le mécanisme
L'opération de base : prédire le mot suivant
VousLe ciel est
Le modelebleu
Elle n'a pas regardé par la fenêtre. Après « le ciel est », le mot le plus fréquent dans tout ce qu'elle a lu, c'est « bleu ».
Un mot, puis le suivant. Il n'y a pas d'autre opération.
Première question
Première étape : convertir les mots en nombres
Elle ne les manipule pas. Une machine ne sait traiter que des nombres.
Chaque mot reçoit donc une liste de nombres. Plusieurs milliers.
Au départ, ils sont tirés au hasard. Ils ne veulent strictement rien dire.
Reste à comprendre comment ces nombres finissent par porter du sens.
La réponse
Deuxième étape : prédire, comparer, corriger
On prend une phrase réelle, dans un livre, un article, un forum.
On cache le mot suivant. On demande au modèle de le deviner.
On compare sa réponse au mot qui était réellement écrit.
S'il s'est trompé, on corrige ses nombres pour réduire l'écart. Et on recommence.
Le texte réel est le seul élément de comparaison. Aucun humain n'intervient.
Le résultat
Pourquoi les mots de sens proche obtiennent des nombres proches
« Le chien aboie. » « Le chat miaule. » « Mon chien dort au soleil. » « Mon chat dort au soleil. »
Ces deux mots apparaissent dans les mêmes phrases, entourés des mêmes mots.
Pour bien deviner la suite, le modèle a intérêt à leur donner des nombres voisins.
Il les rapproche donc tout seul, sans que personne ne le lui ait demandé.
Le sens n'est pas programmé. Il résulte de l'entraînement.
Le contexte
Troisième étape : la prise en compte du contexte
VousUn avocat mûr. Mon avocat plaide demain.
Le modele[fruit] [profession]
Le modèle recalcule les nombres d'un mot selon ceux qui l'entourent. « Mûr » le tire d'un côté, « plaide » de l'autre.
« Calibre » n'a pas le même sens ici que chez un armurier.
Dernière étape
Quatrième étape : l'ajustement par préférence humaine
À ce stade, elle complète du texte. Elle ne répond pas encore à une question.
On lui fait produire plusieurs réponses. Des personnes classent celles qu'elles préfèrent.
On l'ajuste pour qu'elle produise davantage de ce qui a été préféré.
Le critère d'ajustement est la préférence de l'évaluateur, pas l'exactitude.
Comportement 1
Les erreurs sur l'orthographe et le comptage
VousCombien de fois la lettre R apparaît-elle dans « bourriche » ?
Le modeleLa lettre R apparaît 3 fois dans « bourriche ».
Elle n'a jamais reçu de lettres. Seulement des fragments, convertis en nombres.
C'est aussi ce qui lui permet de comprendre un mot mal orthographié.
Comportement 2
Les références inventées
VousQuelle réglementation encadre le classement sanitaire des zones conchylicoles ?
Le modeleLe règlement (CE) n° 854/2004, article 6, annexe II, chapitre II, fixe les critères de classement A, B et C…
Le texte a l'air juste. Le numéro, l'article et l'annexe peuvent être faux. Elle ne distingue pas ce qu'elle sait de ce qu'elle ignore, et on l'a réglée pour répondre plutôt que pour s'abstenir.
Comportement 3
L'absence de mémoire d'une conversation à l'autre
Vous[hier] Je travaille en expédition, chez un ostréiculteur. [aujourd'hui] Écris un mail de retard de livraison.
Le modeleBien sûr. Dans quel secteur travaillez-vous ? À qui s'adresse ce message ?
Elle ne garde rien d'une conversation à l'autre. Chaque fenêtre repart de zéro.
Un réglage permet d'y remédier. Nous le verrons en quatrième partie.
Comportement 4
La variabilité entre deux exécutions identiques
Vous« Combien de temps faut-il pour préparer 200 bourriches ? »
Le modele[le matin] Comptez environ 4 heures pour deux personnes. [l'après-midi] Comptez 6 à 7 heures pour deux personnes.
Ce n'est pas la formulation qui a changé, c'est le chiffre. À chaque mot, elle tire au sort parmi les plus probables.
Aucun calcul n'a été fait. Deux estimations plausibles ont été produites.
Comportement 5
Le biais d'approbation
VousMon calcul de marge est bon, non ?
Le modeleOui, votre raisonnement se tient parfaitement…
Elle a été notée par des gens qui approuvent plus souvent qu'ils ne contredisent.
Pour être contredit, il faut le demander : « cherche ce qui ne va pas ».
Comportement 6
Les éléments non spécifiés dans la demande
« Fais-moi une image d'une huître sur une assiette. »
Ce que vous aviez en tête
Ce qu'elle produit
Ouverte, sur glace, avec un citron, assiette ronde : vous l'aviez en tête, vous ne l'avez pas écrit. Le modèle a rempli les blancs avec ce qu'il a vu le plus souvent.
Tout élément non spécifié est complété par le modèle, selon ses propres statistiques.
Le point le plus important
Une erreur cohérente est invisible
Sur un sujet que vous maîtrisez
Vous repérez l'erreur immédiatement. Le calibre annoncé n'existe pas, le délai est absurde, le client n'est pas dans cette zone. Vous corrigez sans y penser.
Sur un sujet que vous maîtrisez moins
Rien ne signale l'erreur. Le texte est bien construit, le ton est juste, le chiffre a l'air crédible. C'est exactement ce que le modèle est fait pour produire.
Le risque n'augmente pas avec la difficulté de la tâche. Il augmente quand vous quittez votre domaine.
En pratique
Ce qui doit être vérifié systématiquement
Tout chiffre : quantité, montant, durée, pourcentage, total.
Toute référence : article de règlement, numéro de norme, date, nom propre.
Tout ce qui sort de votre domaine, même si la formulation est irréprochable.
Tout ce qui part vers l'extérieur, avant relecture par quelqu'un qui connaît le sujet.
Le reste se voit en lisant. C'est là que le gain de temps est réel.
Le point central
Ce qui entre conditionne ce qui sort
Le modèle n'examine pas la qualité de ce qu'il reçoit et ne la met pas en doute.
Un tableau où le même client s'écrit de trois façons produira trois totaux distincts.
Un extrait collé à la place du document entier produira une analyse de l'extrait, présentée comme une analyse du document.
Une photo floue, un tableau à cellules fusionnées, deux colonnes lues comme une seule phrase : le texte reçu n'est pas celui que vous voyez.
Le modèle ne corrige pas vos données. Il travaille avec, sans signaler le problème.
Deuxième conséquence
Donner la matière, pas la description de la matière
« Résume-moi le cahier des charges du client » : elle invente un cahier des charges.
Le même cahier des charges collé dans la fenêtre : elle le résume.
Un tableau collé tel quel vaut mieux qu'une description du tableau.
Un mail entier vaut mieux qu'un résumé du mail.
Coller prend dix secondes. Décrire prend dix minutes et donne un moins bon résultat.
Confidentialité
Confidentialité : le régime dépend du compte
Compte personnel gratuit : le contenu peut servir à entraîner le modèle.
Compte personnel payant : même régime. L'abonnement donne du volume, pas un contrat.
Compte fourni par l'entreprise : contrat signé, pas d'entraînement, durées maîtrisées.
Le niveau de protection dépend du compte utilisé, pas de la qualité de l'outil.
Rédiger une demande
Les quatre C
Contexte
Qui vous êtes, dans quelle entreprise, pour qui vous écrivez.
Consigne
La tâche, en un verbe : rédige, résume, traduis, compare, corrige.
Contenu
La matière : le document, le tableau, les chiffres, l'échange précédent.
Cadre
Le format, la longueur, le ton, la langue, ce qu'il ne faut pas faire.
Tout élément non précisé sera choisi par le modèle.
Exemple
Deux formulations pour la même demande
Sans les quatre C
« Fais-moi un mail pour un retard. »
→ trois paragraphes génériques
→ ton américain, formules creuses
→ à réécrire entièrement
Avec les quatre C
« Je suis responsable expédition chez un ostréiculteur. Écris à un client restaurateur pour un retard d'une journée sur sa commande de Noël. Motif : fermeture de zone. Cinq lignes, ton direct, sans excuse appuyée. »
→ exploitable après relecture
Environ trente secondes de rédaction supplémentaire, pour un résultat exploitable.
Le réglage à faire une fois
Les instructions permanentes
Tous les outils grand public ont ce réglage, dans les paramètres.
On y écrit qui on est, dans quelle entreprise, pour quoi on l'utilise, comment on veut les réponses.
Le modèle en tient compte dans toutes les conversations suivantes.
Le contexte est fourni une fois, et s'applique à toutes les conversations suivantes.
Exemple
Ce qu'on écrit dedans
Je travaille chez un producteur d'huîtres, au service expédition.
Mes interlocuteurs sont des restaurateurs, des grossistes et des distributeurs, en France et à l'export.
Réponds en français, en phrases courtes, sans formule de politesse excessive.
Si une information te manque, demande-la au lieu de l'inventer.
Trois réflexes
Ce qui change tout
Donner la matière
Au lieu de « résume-moi le cahier des charges du client », coller le document dans la fenêtre.
Vérifier avant de faire écrire
Au lieu de « réponds à cette réclamation », d'abord : « voici le mail du client, qu'est-ce qu'il reproche exactement ? »
Demander l'objection
Au lieu de « ce mail est bon ? », « qu'est-ce qu'un client mécontent pourrait mal prendre dans ce mail ? »
Le partage
Domaines d'usage et limites
Ce qui marche aujourd'hui
Reformuler, raccourcir, changer de ton, traduire.
Résumer un document long, en extraire des points.
Expliquer ce qu'on ne comprend pas, autant de fois qu'il faut.
Écrire une formule de tableur, redresser un fichier mal structuré.
Préparer un premier jet qu'on corrige.
Ce qu'elle ne sait pas faire
Connaître vos clients, vos tarifs, vos procédures.
Ouvrir vos fichiers, sauf si vous les lui donnez.
Se souvenir, sauf réglage permanent.
Décider.
La totalité de ce que le modèle sait de votre métier provient de ce que vous lui fournissez.
Ce qu'on vise
Deux types de travail
Le travail de robot
Copier, ressaisir, chercher, compiler, relancer, vérifier un format.
Le travail d'humain
Décider, arbitrer, négocier, juger un produit, tenir une relation.
Le travail répétitif est confié à la machine. Le reste ne l'est pas.
La distinction
Logiciel et système : la différence
Un logiciel
Vous êtes devant. Vous agissez, il répond.
Vous partez, il ne se passe plus rien.
Un ERP, un CRM, un tableur. Leur intérêt : ils garantissent la continuité de la donnée.
Un modèle de langage utilisé comme aujourd'hui est un logiciel.
Un système
Il fait la tâche sans vous.
Vous n'êtes pas devant. Vous faites autre chose.
Le gain ne porte plus sur la vitesse d'exécution.
Il porte sur votre présence.
Un logiciel réduit la durée d'une tâche. Un système supprime votre présence sur cette tâche.
1
Niveau 1
L'assistant
Une application de modèle de langage : ChatGPT, Claude, Gemini, Le Chat.
Le cycle est toujours le même : vous ouvrez, vous écrivez, il répond, vous relisez, vous copiez, vous collez dans votre document.
Le gain est réel : relire un contrat plus vite, reformuler un mail, traduire, analyser un tableau, expliquer une formule.
Mais l'échange est permanent. À chaque étape, vous êtes devant.
Vous fermez l'ordinateur : il ne se passe plus rien.
Un modèle de langage utilisé seul est un logiciel : il exige votre présence.
2
Niveau 2
L'automatisation
Le point du lundi : les commandes de la semaine par zone et par calibre.
Chaque lundi à six heures, le système ouvre le fichier des commandes de la semaine.
Il additionne par zone, par calibre et par client, met en forme le tableau.
Il le dépose dans le dossier partagé et prévient les personnes concernées.
Même fichier, mêmes colonnes, même calcul, même destination. Rien n'est interprété.
C'est déterministe : les règles ne changent jamais, donc le résultat est stable.
3
Niveau 3
L'automatisation avec contrôle
Le devis : préparé tout seul, envoyé seulement quand vous l'avez validé.
Une demande de prix arrive. Le système en extrait le client, les calibres, les quantités.
Il retrouve les conditions tarifaires du client et prépare le devis.
Il dépose le tout dans une console : le nom, la demande, le devis produit, le mail prêt à partir.
Vous relisez, vous corrigez un calibre s'il le faut, vous validez. Le mail part avec le devis.
La recopie est supprimée. L'engagement de prix reste une décision humaine.
4
Niveau 4
L'agent
Un modèle à qui on a donné des outils, un objectif et des règles.
Objectif : traiter les réclamations qui arrivent par mail.
Il lit le mail, retrouve la commande dans le fichier, vérifie la date d'expédition et le transporteur.
Selon ce qu'il trouve, il prépare un avoir, relance le transporteur, ou transmet au commercial.
Il choisit l'ordre des opérations. Il n'a pas de chemin écrit à l'avance.
Plus le système est autonome, plus les règles doivent être écrites en amont.
La comparaison qui marche
La comparaison utile : un stagiaire compétent
Il est compétent : il sait ce qu'est une commande, un fournisseur, un avoir, une facture.
Il ne connaît rien de votre maison : ni vos calibres, ni vos clients, ni vos habitudes.
Vous lui dites « trie les commandes ». Il ne sait pas s'il faut trier par date, par client, par calibre.
Ni où les ranger, ni ce qu'il faut faire de celles qui posent problème.
Sans consigne précise, le résultat est aléatoire. Pour un stagiaire comme pour un modèle.
Ce qu'il faut lui donner
Ce qu'il faut fournir à chaque tâche
La donnée d'entrée
Le mail, le fichier, le tableau. Pas une description : la chose elle-même.
Les règles de transformation
Ce qu'il faut en faire, dans quel ordre, selon quels critères. C'est le briefing du stagiaire.
La sortie attendue
Où ça va, sous quelle forme, et ce qu'on fait des cas qui ne rentrent pas.
L'autonomie d'un agent dépend des règles écrites, pas de la puissance du modèle.
Le critère
Quand garde-t-on une main humaine ?
Quand l'action est irréversible : une écriture dans l'ERP, un envoi client, une suppression.
Quand un modèle de langage est dans la chaîne : sa sortie n'est jamais garantie identique.
Quand la décision demande un jugement que les règles ne couvrent pas.
On ne passe au niveau supérieur que si le niveau inférieur ne suffit pas.
Récapitulatif
Les quatre niveaux
Deuxième partie de la séance
L'IA appliquée à votre travail
Ce que je viens chercher sur les postes, et comment je vais m'y prendre.
Ce que je viens chercher
Cinq situations
« Je l'ai déjà écrit ailleurs. » La même information saisie deux fois.
« J'attends. » Un document, une validation, un chiffre.
« Je le fais tous les jours pareil. » Une tâche à règle fixe.
« Si je ne suis pas là, ça bloque. » Une information dans une seule tête.
« On m'appelle tout le temps pour ça. » Des interruptions répétées.
Situation 1 sur 5
« Je l'ai déjà écrit ailleurs. »
Combien de fois la semaine derniere ?
Situation 2 sur 5
« J'attends. »
Combien de fois la semaine derniere ?
Situation 3 sur 5
« Je le fais tous les jours pareil. »
Combien de fois la semaine derniere ?
Situation 4 sur 5
« Si je ne suis pas là, ça bloque. »
Combien de fois la semaine derniere ?
Situation 5 sur 5
« On m'appelle tout le temps pour ça. »
Combien de fois la semaine derniere ?
Résultats
Ce qui revient le plus souvent
La suite
Comment je vais procéder
Une heure à votre poste, sur le travail réel, pas sur la procédure écrite.
Je regarde les outils, le nombre de manipulations, les attentes et les ressaisies.
J'enregistre pour ne pas dépendre d'une prise de notes. Le compte rendu vous revient pour validation.